Pour André Azoulay, l'agenda du processus de paix au Proche Orient doit être revisitéLe conseiller de S.M. le Roi, André Azoulay, a affirmé, mardi soir, que la question palestinienne est un "dossier central" dans le dialogue des cultures que promeut la Fondation des Trois Cultures et des Trois Religions de la Méditerranée, dont il est le président délégué.
"Le dossier palestinien est central et on ne peut pas parler de dialogue des cultures et des religions sans donner la priorité à la relance d'un processus de paix véritable entre Palestiniens et Israéliens", a déclaré M. Azoulay à l'agence MAP au terme d'une réunion à Séville du directoire de la Fondation des Trois Cultures, à l'occasion de son 10e anniversaire. Pour le conseiller du Souverain, "l'agenda du processus de paix -au Proche Orient- doit être revisité, revu et corrigé après la tragédie de Gaza dont on doit tirer tous les enseignements". A l'occasion de la tenue de cette réunion, sous la présidence de Manuel Chaves, président du gouvernement autonome de l'Andalousie, et en présence de plusieurs responsables gouvernementaux marocains et espagnols, M. Azoulay a présenté une série de "réflexions et d'orientations pour un second souffle" de la Fondation des Trois Cultures et des Trois Religions de la Méditerranée. "La Fondation des Trois Cultures est née à un moment où l'appel au dialogue des cultures et des religions, en lui-même et à lui seul, était un signal fort et mobilisateur. Pionnière à sa naissance, la Fondation a le devoir de l'être encore plus aujourd'hui au vu des mutations en cours et des dangers de fracture et de confrontation qui nous guettent", estime M. Azoulay.
La Fondation des Trois Cultures a été à l'avant-garde du dialogue des cultures et des religions, relève le conseiller du Souverain, soulignant que cette institution a été aussi pionnière en "anticipant avec raison et détermination l'émergence du faux débat autour du prétendu choc des civilisations". Si le succès qui a accompagné les actions de la Fondation a souvent porté des fruits, celle-ci "intervient dans un espace très sensible, celui de la culture, un espace où chacun, chaque peuple, chaque communauté se réfugie, pour ne pas dire se recroqueville, pensant mieux se protéger lorsque le danger pointe". "Le dixième anniversaire doit à cet égard constituer une halte et un moment privilégié de réflexion lucide et volontariste sur le destin de la Fondation. Toute institution qui se respecte ne doit jamais se départir d'esprit critique vis-à-vis de sa propre action, de sa démarche, quant l'univers où cette action se déploie connaît des mutations fortes et souvent irrationnelles", estime M. Azoulay.
Le conseiller du Souverain ne cache pas ses craintes quant à la montée de la xénophobie et du rejet de l'Autre, dans un contexte mondial marqué par une crise économique aiguë.
"La crise actuelle du capitalisme mondial crée dans cette perspective des conditions peu propices à l'entraide et à une coopération exemplaire entre pays pauvres et pays riches", note-t-il, mettant en garde contre "la réémergence de sentiments de xénophobie dont on perçoit déjà les signes avant-coureurs".
"Ce monde en crise s'exprime trop souvent par un repli identitaire et une plus grande tentation du rejet de l'autre. Ce repli fait renaître et exacerbe les risques de la fracture entre communautés et nations", souligne le conseiller de S.M. le Roi.
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Bilan éloquent
André Azoulay se dit convaincu que «le moment est venu pour remettre à niveau l'action de la Fondation, réexaminer ses structures en vue de mettre en place les éléments pour une programmation ambitieuse qui saura donner à notre institution le second souffle qu'impose le bilan éloquent et visionnaire des 10 dernières années». La Fondation des Trois Cultures est appelée à jouer, selon le conseiller du Souverain, le rôle de "sentinelle pour tirer la sonnette d'alarme et être à l'avant-garde quand la culture de la paix et la logique du dialogue sont mises en équation".
Club-CSI.com : Jeudi 12 Mars 2009